
28/8/26
Les surdents font partie des anomalies dentaires les plus fréquemment rencontrées chez le cheval.
Comprendre pourquoi elles se forment, quels problèmes elles peuvent entraîner et comment elles sont prises en charge, permet de mieux comprendre l'importance d'un suivi dentaire régulier.
Une surdent correspond à une pointe d’émail qui se forme progressivement sur le bord des prémolaires et des molaires.
Chez les équidés, les arcades dentaires maxillaires sont plus larges que les arcades mandibulaires. Lors de la mastication, cette différence de largeur entraîne un défaut de contact, certaines zones sont donc moins sollicitées et s’usent moins, ce qui peut entraîne progressivement la formation de pointes d’émail (= surdents).
Ces surdents se développent principalement sur les faces occluso-vestibulaires des dents maxillaires (du côté de la joue) et les faces occluso-linguales des dents mandibulaires (du côté de la langue). Leur importance varie d’un équidé à l’autre et peut évoluer au cours du temps.
Même lorsqu’elles ne provoquent pas immédiatement de signes visibles, leur présence mérite d’être surveillée afin d’éviter un impact sur la mastication et les tissus mou de la bouche.

Les dents du cheval sont dites hypsodontes : elles disposent d'une importante réserve coronaire qui émerge progressivement au cours de la vie afin de compenser l'usure liée à la mastication.
Lors de la mastication, la mandibule effectue entre autres des mouvements de diduction ****qui permettent aux dents de s'user les unes contre les autres et de broyer les aliments. Cependant, l'occlusion du cheval présente une légère inclinaison, notamment liée à l'angle de Wilson. Associée à la différence de largeur entre les arcades maxillaires et mandibulaires, cette particularité fait que certaines zones des dents sont moins sollicitées et s'usent donc moins vite.
Ces zones moins usées forment alors progressivement des pointes d'émail, à l'origine des surdents.
L'alimentation et les conditions de vie peuvent également influencer la manière dont les dents s'usent. Le temps consacré à la mastication, la quantité de fourrage disponible et la nature des aliments consommés jouent notamment un rôle. Un cheval qui consomme principalement du fourrage passe davantage de temps à mastiquer qu'un cheval recevant des aliments concentrés.
Ces différences de mastication peuvent ainsi influencer l'usure de la dentition et expliquer pourquoi chaque cheval présente une évolution dentaire qui lui est propre.

Toutes les surdents ne provoquent pas nécessairement de gêne. Leur importance, leur localisation et leur évolution sont déterminantes pour évaluer leurs conséquences sur la bouche et la mastication.
Lorsqu'elles deviennent trop importantes, elles peuvent provoquer des irritations ou des lésions des joues et de la langue, mais aussi rendre la mastication moins confortable et moins efficace.
Une mastication perturbée peut alors avoir des répercussions plus générales sur l'équidé :
Chaque cheval réagit cependant différemment à l'inconfort et présente une tolérance à la douleur qui lui est propre. Il est donc possible d'observer des surdents relativement importantes chez un équidé qui conserve pourtant un bon état général, mange normalement et ne présente aucun signe évident de gêne.
À l'inverse, une anomalie dentaire parfois moins marquée peut provoquer une gêne importante chez un autre cheval. L'importance des surdents ne permet donc pas, à elle seule, de déterminer le niveau d'inconfort ressenti par l'équidé.
Il est également important de garder à l'esprit qu'un cheval qui ne présente aujourd'hui aucun signe de gêne et conserve un bon état général peut malgré tout développer des problèmes dentaires avec l'âge. L'évolution de la dentition, l'usure progressive des dents et la diminution de la réserve dentaire peuvent notamment entraîner de nouvelles difficultés chez le cheval âgé.
L'absence de symptômes ne signifie donc pas que la dentition est exempte de problèmes ou qu'aucun suivi n'est nécessaire. Un contrôle régulier permet de suivre l'évolution de la dentition et d'identifier les éventuelles irrégularités avant qu'elles ne deviennent problématiques.

Le cheval est particulièrement doué pour s'adapter à un inconfort et ne manifeste pas toujours clairement une douleur.
Certains signes peuvent néanmoins attirer l'attention :
Des réactions inhabituelles au contact du mors ou certaines difficultés lors du travail peuvent également justifier un examen, même si elles ne sont pas systématiquement liées à un problème dentaire.
Il est également important de rappeler que l'absence de signe visible ne signifie pas nécessairement que la dentition ne nécessite pas de contrôle.

La prise en charge commence par un examen complet de la bouche et de la dentition afin d'évaluer la localisation et l'importance des surdents, mais également l'équilibre général de la dentition.
Lorsque cela est nécessaire, les pointes dentaires peuvent être nivelées afin de limiter leur impact sur les tissus mous et de préserver une mastication aussi confortable et fonctionnelle que possible.
L'objectif n'est pas de « tout râper », mais de réaliser une correction adaptée à chaque équidé et à sa dentition. Une correction excessive ou inadaptée pourrait en effet modifier l'équilibre naturel de la bouche.
Le suivi doit donc tenir compte de l'âge du cheval, de son utilisation, de son alimentation et des particularités observées lors de l'examen.